La cave coopérative

Un cadre idéal pour un roman d’horreur psychologique

Ce type de lieu réunit l’isolement, parfois le silence et des dangers bien réels. J’ai travaillé trois saisons dans une cave coopérative et souvent je passais des heures seul à nettoyer des cuves ou des pressoirs, des zones faiblement éclairées, créant une atmosphère propice au doute et à la paranoïa.

Parfois, dans un tel envirronement, on ne sait plus si les bruits que l’on entend proviennent des installations, de son imagination ou d’une présence invisible. Cette ambiguïté est renforcée par les risques réels de la cave – intoxication au dioxyde de carbone, chutes, équipements sous pression – qui maintiennent une tension constante. Parce qu’il s’agit d’un lieu authentique et méconnu du grand public, la frontière entre l’explication rationnelle et le surnaturel peut parfois devenir trés mince, ce qui en fait un décor puissant pour explorer la peur, la solitude et les phénomènes d’esprit.

Résumé

Au début de l’été, quatre jeunes pénètrent de nuit dans une cave coopérative, la Feuillete dans le département du Gard, pour y pratiquer un rituel de spiritisme.

Deux mois plus tard, pendant les vendanges, les saisonniers recrutés pour travailler dans la cave sont victimes d’une succession d’incidents et d’accidents de plus en plus graves. D’abord attribués aux risques habituels du métier ou à des erreurs humaines, ces événements deviennent progressivement inexplicables et plongent la direction dans l’inquiétude. Plusieurs employés sont blessés, l’un disparaît mystérieusement, d’autres meurent et l’activité de la cave est finalement interrompue.

L’enquête est confiée à Joseph et son assistante Julie. En combinant observations scientifiques, analyses techniques et exploration du passé de la cave, ils découvrent que tous les faits remontent à la séance de spiritisme organisée avant les vendanges.

A noter que le vocabulaire est parfois technique, notamment dans la partie qui présente cet environnement et les différents dispositifs.

Un extrait

Le lendemain, alors que c’est le septième jour, personne n’a pris un seul jour de repos. Tout se déroule normalement et chacun semble assurer à son poste, même si beaucoup en profitent pour se la couler douce, en particulier Claude qui fait des siestes en cachette et Sébastien qui continue à s’enivrer.

Les autres prennent aussi des pauses, mais leur poste de travail est plus facile à surveiller, contrairement au premier et au deuxième étage. Étant donnée que dans celui-ci se trouvent de nombreuses bouches de cuve, souvent ouvertes, cela peut être très dangereux. Pendant qu’ils effectuent des transferts de jus et du pompage, Sandrine rappelle à ses deux camarades une règle fondamentale de sécurité :

Quand vous marchez, faites attention aux bouches ouvertes. Je sais que le risque est faible, mais si vous tombez dedans, c’est la mort assurée. Vous vous souvenez de ce qu’il s’est passé avec Cyril…
— Franchement, pour tomber dans ces cuves, il faut vraiment le faire exprès, répond Claude.
— Je parle surtout pour toi, Sébastien. Hier, bourré comme tu étais, tu tenais difficilement debout !

Pendant ce temps, un peu plus loin, Alain s’occupe de nettoyer le filtre à plaques et Fred surveille le filtre rotatif en train de tourner. Il va bientôt y faire passer le jus pour le filtrer.

Mais à un moment donné, il entend un bruit anormal. Il appuie sur le bouton rouge et stoppe la rotation. Qu’est-ce qui peut bien faire ce bruit ?

Il regarde au fond de la cuve et remarque une petite barre de fer détachée, coincée dans le mécanisme. Il doit aller la récupérer.

Puis il se penche et plonge le bras dans la cuve. Ses doigts effleurent le fond humide. Il touche la barre… juste du bout des doigts. C’est un peu court. Il se penche davantage et force légèrement.

Au même instant, un bruit retentit. Le filtre redémarre. Le tambour se remet à tourner, les disques reprennent leur rotation.

Mais qui a remis le filtre en route ? pense-t-il, paniqué.

Fred tente aussitôt de se dégager, mais son tee-shirt se coince brutalement dans un interstice du tambour. Le tissu se tend, se serre contre son torse, et il est entraîné vers le bas. L’aspiration le tire, implacable.

Au secours ! Aidez-moi ! crie-t-il.

Au même moment, son binôme Alain comprend ce qui se passe. Sans hésiter, il attrape un cutter posé non loin, se précipite vers Fred et tranche net le tissu tendu à l’extrême.

Le tee-shirt cède.

Libéré d’un coup, Fred bascule hors de la cuve. Il est vivant. Le filtre continue de tourner, avalant les lambeaux de tissu abandonnés derrière lui.

Mais qui a remis la machine en marche ? Ce ne peut pas être Alain : il était occupé à nettoyer les plaques de l’autre filtre au karcher, et Fred entendait sans cesse le claquement régulier des jets d’eau. Impossible de se tromper.

Arnaud est rapidement informé de l’incident. Sa première hypothèse est simple : quelqu’un a dû appuyer sur la touche verte par inadvertance. Il fait le tour de l’installation, interroge les opérateurs, vérifie les postes. Mais chacun est bien à sa place.

Plus troublant encore, ni Alain ni Fred n’ont vu qui que ce soit s’approcher de la machine. Aucun pas, aucun mouvement, rien.

Pour en savoir plus, cliquez sur la fiche produit.

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