
Après avoir écrit Chroniques d’un monde sans soleil, je me suis rendu compte que cet univers post-apocalyptique offrait un potentiel narratif immense. Son contexte, à la fois oppressant et fascinant, est particulièrement propice au suspense, à l’émotion et aux dilemmes humains. Au-delà de l’histoire de John Beeward, une multitude d’autres récits pouvaient y prendre vie.
Dans un monde privé de soleil, les situations de détresse, d’urgence, de survie et les obstacles sont innombrables. Chaque personnage peut être confronté à des choix difficiles, à des sacrifices et à des épreuves qui révèlent le meilleur comme le pire de l’être humain.
C’est pourquoi j’ai décidé de créer une histoire parallèle, se déroulant dans le même univers, afin d’en explorer une nouvelle facette.
Résumé de l’intrigue
Clark apprend par un ami de la NASA que le Soleil va disparaître dans moins de quarante-huit heures, englouti par un micro-trou noir. Avec ses amis Jim et Lana, il tente de se préparer en secret à un monde condamné à une nuit éternelle. Lorsque l’impensable se produit, les institutions s’effondrent, la panique gagne l’humanité et la survie devient un combat de chaque instant. Entre froid glacial, violence, désespoir et espoir, le trio devra affronter les dangers d’un monde où les règles de la civilisation n’existent plus.
Un extrait
Trois semaines ont passé depuis la disparition de notre astre et dehors, il fait moins de −100 °C. Alors que tout le monde dort, le chauffage monté à fond, l’électricité saute soudainement. Plus rien ne fonctionne à l’extérieur : la ville entière est désormais dans le noir complet.
Les derniers survivants de Frédérick semblent condamnés à mourir de froid. À l’intérieur, la chaleur va décliner rapidement. Impossible d’aller plus loin : à de telles températures, aucun véhicule ne peut démarrer.
Une heure plus tard, dans la maison des trois amis, la température tombe à 10 °C. Deux heures après, elle atteint 5 °C. Clark, réveillé par le froid, constate rapidement la gravité de la situation. Il réveille Jim et Lana.
Tous trois se couvrent au maximum, puis cherchent des solutions, en vain. Il faut se rendre à l’évidence : il n’y a plus du tout d’électricité et le problème, cette fois, n’est pas local mais global. Même s’ils savaient que ce moment fatidique finirait par arriver, ils espéraient qu’il se ferait attendre encore un peu.
Alors que Lana et Jim laissent libre cours à leur tristesse, Clark leur rappelle l’inéluctabilité des faits — et qu’ils ont eu la chance de survivre jusqu’ici, contrairement à la très grande majorité de la population. Maintenant, il faut se préparer à affronter la mort, toute proche : le temps qu’il leur reste se compte en heures.
Cinq heures après la coupure, l’intérieur est à −7 °C. Même recouverts de couches de vêtements, leurs corps ne pourront plus lutter bien longtemps. Cinq heures de plus et la maison atteint −25 °C. L’air glacial est implacable ; rien n’arrête la chute des températures.
Dans un geste désespéré, Jim saisit une bouteille de fioul et la verse sur le sol du salon. Il met le feu… et bientôt, un incendie dévore l’intérieur.
— Mais qu’est-ce que tu as fait, Jim ? Tu es devenu fou ! s’exclame Lana.
— Je n’en peux plus… j’ai trop froid, répond-il d’une voix tremblante.
Clark reste silencieux, partagé : cet acte était-il nécessaire ? Son avis est mitigé. La chaleur monte rapidement, mais la fumée devient suffocante. Ils reculent, tentant de s’éloigner du brasier, tandis que les flammes progressent, menaçant de les étouffer ou de les brûler. Que faire ? Rester ? Sortir ? De l’autre côté de la porte, un danger identique les attend, mais différent dans sa cruauté.
Alors que la chaleur et la fumée deviennent insupportables, Clark prend une décision. Il ouvre la porte et crie :
— Venez !
Lana et Jim acquiescent. Tous trois se retrouvent dehors, maintenant la distance la plus sûre possible du feu, sans non plus s’en éloigner. Devant eux, les flammes engloutissent d’abord le deuxième étage, puis toute la maison. Ils restent figés, tandis que le brasier consume tout. Le spectacle leur offre un répit : ils disposent d’une heure au plus avant l’extinction complète des flammes. Mais est ce que cela vaut la peine de vivre ce laps de temps ?
Clark réfléchit à une très hypothétique solution, Jim hésite tandis que Lana prend une décision : elle préfère mourir de suite que de vivre pendant le peu de temps restant, la peur et l’angoisse de la mort. Mais comment se donner la mort ? Laisser le froid l’emporter ? Trop douloureux. Se brûler ? Hors de question. Puis, en balayant le sol du regard, elle aperçoit les corps de Maxime et de l’avocat. À proximité, sur le sol, gît le revolver de ce dernier.
Elle se saisit aussitôt de l’arme, vérifie qu’il reste des cartouches, puis s’apprête à appuyer sur la gâchette.