
Enfin, j’ai choisi d’aborder ce scénario apocalyptique sous un angle différent. Contrairement aux récits où le Soleil disparaît en plein jour, plongeant instantanément le monde dans les ténèbres, cette histoire débute sur la face nocturne de la Terre. Lorsque le Soleil s’éteint, les personnages sont déjà dans l’obscurité, dorment et ignorent encore que leur étoile a disparu. Le chaos n’éclate donc pas immédiatement : il s’installe progressivement, au rythme des informations qui circulent, des premières anomalies observées dans le ciel, puis de la prise de conscience collective lorsque le Soleil aurait dû se lever… mais ne revient jamais. Cette attente transforme l’angoisse en une tension psychologique permanente. Au moment de se lever, aux heures matinales, les habitants passent d’abord par le doute, l’incompréhension, puis la peur, avant que la panique ne gagne peu à peu toute la société. Cette approche offre un contraste fascinant avec les régions où la disparition du Soleil est visible en direct : d’un côté, un choc brutal et immédiat ; de l’autre, une catastrophe qui s’infiltre lentement dans les esprits, laissant les personnages imaginer le pire avant d’en découvrir la terrible réalité. Cette progression rend le récit plus immersif, plus réaliste sur le plan psychologique, et permet d’explorer en profondeur les réactions humaines face à une menace invisible dont les conséquences deviennent, heure après heure, de plus en plus irréversibles.
Résumé
À Montpellier, Christian découvre la nouvelle sur Internet et alerte son ami René. Comprenant que la société va rapidement sombrer dans le chaos, ils prennent l’initiative de constituer d’importantes réserves de nourriture et de matériel avant que les pillages ne se généralisent. Lorsque l’aube ne vient jamais, les deux hommes rassemblent plusieurs habitants de leur résidence afin d’organiser la protection de l’immeuble, de partager les vivres et d’assurer la sécurité des résidents.
Tandis que la violence, les pénuries et le froid s’intensifient à l’extérieur, une véritable communauté solidaire se forme à l’intérieur de la résidence. Face à l’effondrement progressif du monde, Christian, René et leurs voisins doivent désormais lutter chaque jour pour survivre, protéger les plus vulnérables et préserver leur humanité dans une nuit qui ne prendra jamais fin.
Extrait
02 h 00 : Ils arrivent sur le parking du grand magasin. Quelques voitures sont déjà garées. Mais très vite, un problème apparaît : parmi ces véhicules se trouve celui d’un agent de sécurité, à l’intérieur, qui surveille.
— Il ne nous a pas vus, dit Christian.
— Peut-être, mais hors de question de tenter quoi que ce soit ici. On va ailleurs !
— En espérant que ce ne soit pas gardé non plus…
— C’est le risque.
Ils repartent aussitôt, direction un Intermarché situé non loin de là.
02 h 15 : Arrivée devant cette autre grande surface. René descend du véhicule et ordonne à son ami :
— Reste ici. Surveille. Je vais voir par où on pourrait entrer.
Il s’approche du magasin. Derrière les vitrines, des rideaux de fer bloquent totalement l’accès. Passer par là ? Mauvaise idée. Il faudrait effectuer plusieurs manipulations, bricoler longuement, faire du bruit… le tout en pleine vue du parking. Et si quelqu’un arrivait pendant ce temps ? Hors de question. En plus, ils n’ont aucune expérience dans ce genre d’opération.
René contourne donc le bâtiment à la recherche d’une faille plus discrète.
Plusieurs minutes passent lorsqu’il reçoit un appel sur son téléphone.
— Allô ?
— C’est moi. Reviens vite ! Il y a une autre voiture qui vient d’entrer sur le parking !
— Oh non… ce n’est pas possible, râle-t-il. Mais qu’est-ce que les gens fichent dehors à une heure pareille ? Bon, j’arrive !
René rebrousse chemin et observe discrètement le parking. Il y a toujours le véhicule de Christian… et un autre, occupé par un couple, probablement à la recherche d’un peu d’intimité.
Sans se faire remarquer, il rejoint la voiture de son ami.
— On fait quoi ? On attend qu’ils s’en aillent ? demande Christian.
— Non. On ne sait pas quand ils partiront et on perdrait un temps précieux. Il faut agir vite, même si c’est encore tôt… avant que les gens se lèvent et réalisent que le Soleil ne se lèvera plus jamais. Et puis, s’ils sont venus, d’autres risquent de débarquer. Allez, on y va !
— D’accord… Il y a un magasin Casino, pas très loin.
Ils repartent. Mais en cours de route, ils aperçoivent un homme en plein milieu de la chaussée. Il crie, gesticule, semble complètement hors de lui. Le véhicule s’arrête et René baisse la vitre droite.
— Eh ! Qu’est-ce qui t’arrive ?
— C’est la fin du monde ! La fin du monde ! hurle l’homme. Réveillez-vous tous ! Réveillez-vous !
Il fait un vacarme infernal, frappe des carrosseries, va même jusqu’à casser des vitres pour attirer l’attention.
Les deux amis échangent un regard inquiet. Avec ce genre de comportement, le chaos risque d’éclater bien plus vite que prévu… et de compliquer sérieusement leurs plans.
— Tu vas fermer ta grande gueule, oui ? Les gens dorment ! lâche René.
— Et alors ? Ça change quoi ? Mieux vaut qu’ils se réveillent et qu’ils sachent ce qui est en train de se passer !
— C’est peut-être leur dernier moment de sommeil tranquille ! Ils n’ont pas besoin d’être réveillés par un taré comme toi !
Mais l’homme n’en a cure. Il continue à hurler. Au loin, les volets d’un petit immeuble s’ouvrent : un habitant, alerté par le bruit, observe la scène.
Excédé, René sort brusquement du véhicule, se jette sur l’homme et le frappe à plusieurs reprises. Quelques coups suffisent : l’individu s’effondre.
Le silence retombe.
Sans un mot de plus, René remonte dans la voiture… et ils repartent.
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