
Et si la terre s’arretait de tourner sur elle-meme? Quelles seraient les conséquences humaines? climatiques?Ce livre tente d’apporter des réponses scientifiques à ces questions
Résumé de l’intrigue
Ce trés court récit de 12 milles mots raconte l’histoire de John Beeward, chercheur en physique quantique, qui découvre qu’un puissant sursaut gamma sera suivi d’ondes gravitationnelles capables d’arrêter la rotation de la Terre. Malgré le scepticisme d’une partie de son entourage, il comprend que la planète risque de conserver en permanence la même face tournée vers le Soleil. Il décide alors de préparer sa famille à fuir vers une région qu’il estime plus favorable à la survie.
Lorsque la catastrophe se produit, la Terre cesse effectivement de tourner. D’immenses tempêtes, des tsunamis et la disparition progressive du champ magnétique provoquent des pannes généralisées, des vertiges chez les êtres vivants et un effondrement rapide des sociétés. Tandis que les autorités peinent à comprendre puis à gérer la situation, la panique gagne la population quand on découvre la véritable cause de ces phénomènes.
Accompagné de sa famille et de son androïde Aventur, John entreprend un dangereux voyage vers le lac Ontario afin de rejoindre un proche disposant de terres agricoles et de ressources. Mais la route est trés longue et semée d’embuches.
Au fil du récit, John explique les conséquences scientifiques de l’arrêt de la rotation terrestre : disparition du champ magnétique, vents gigantesques, dérèglement du climat, migration massive des populations, puis transformation progressive de la planète en deux mondes extrêmes. La face éclairée devient un enfer où les températures dépassent progressivement les 100 °C avant d’atteindre plusieurs centaines de degrés, tandis que la face plongée dans une nuit éternelle gèle jusqu’à des températures proches de -200 °C. Entre ces deux extrêmes, les zones de transition finissent elles aussi par devenir inhabitables en raison de tempêtes permanentes.
Un extrait
Voilà maintenant une heure que la planète est figée. La plupart des gens ne remarquent toujours rien, mais l’absence de champ magnétique commence à se faire ressentir : pannes électriques, perturbations des infrastructures de communication et, chez tous les organismes vivants, une baisse de concentration, des variations d’humeur, des pertes d’orientation, ainsi qu’une sensation accrue de fatigue et de stress. Il y a également des vents très forts. Même sans lever les yeux, il est facile de sentir que quelque chose ne tourne pas rond.
Seuls quelques observateurs attentifs perçoivent une anomalie dans le ciel. Les agences spatiales, elles, continuent à scruter l’étoile avec inquiétude.
John, anxieux, regarde l’heure sans arrêt.
— Par où allons-nous passer pour rejoindre l’autoroute ? demande-t-il à son père, qui est au volant.
— Nous devons aller à Washington. Il faudra compter au moins deux heures pour traverser la ville.
— Ah non, ce n’est pas possible ! Surtout pas !
— Pourquoi ?
— Cela fait plus d’une heure que la position du Soleil n’a pas changé. La panique ne va pas tarder à éclater ! Si nous passons par la ville, nous risquons d’être bloqués… peut-être pour toujours.
— Je ne pense pas, c’est encore trop tôt, intervient sa mère.
— Oui, mais l’information va vite se répandre, et une foule de gens va vouloir fuir. Peut-être que c’est un peu prématuré… mais je ne veux pas prendre ce risque, insiste John, conscient de la gravité de la situation.
— Et je passe par où, alors ? demande Grey, perplexe.
— N’importe où ! Mais il faut absolument contourner les zones trop urbanisées !
Alors qu’ils roulent, ils aperçoivent une vieille dame effondrée sur le bord de la route. Immédiatement, les deux véhicules s’arrêtent.
— Madame ! Que vous arrive-t-il ? demande Grey en s’approchant.
— Je souffre de vertiges… murmure-t-elle faiblement.
Sans perdre de temps, Aventur, le robot, intervient et lui applique une manœuvre libératoire, rétablissant son équilibre en quelques instants.
Une fois la dame remise sur pied, John, visiblement pressé, lance :
— Allez ! On y va, et vite !
Tout le monde acquiesce, et le convoi reprend sa route.
Dans la voiture, son fils Steeve, contrarié, fait une remarque :
— On aurait pu la prendre avec nous… Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ?
— Je ne suis pas certain qu’elle aurait accepté. Et dans ce contexte, beaucoup de gens souffrent déjà de ces symptômes à cause de la disparition du champ magnétique. On ne peut pas tous les prendre…
— Le champ magnétique… ?
— La rotation de la Terre générait un champ magnétique grâce au mouvement de son noyau liquide, principalement composé de fer et de nickel. Ce phénomène, appelé effet dynamo, produisait des courants électriques qui nous protégeaient des radiations cosmiques et stabilisaient notre biologie. Mais maintenant qu’il a disparu, notre organisme est perturbé.
— Moi aussi, je ressens des vertiges… Je ne me sens pas bien, surtout quand la voiture bouge de manière irrégulière, murmure Britney.
Avant qu’elle ne puisse poursuivre, John, attentif, désigne du doigt un attroupement plus loin.
— Regardez là-bas… Encore quelqu’un qui souffre de ce mal !
Deux minutes plus tard, une ambulance surgit à toute allure, gyrophares allumés. Peu après, un camion de pompiers passe en trombe.