Ce récit comprend d’abord trois missions indépendantes Cependant il y a des liens indirects avec la principale. Dans l’ordre chronologique :
Le directeur d’une poissonnerie constate la disparition inexpliquée de poissons malgré des caméras de surveillance. Après une courte enquête minutieuse, Joseph découvre une explication assez touchante.
Ensuite, un propriétaire demande à Joseph d’enquêter sur une maison de vacances réputée hantée. Après plusieurs nuits d’observation, il démontre que les bruits, courants d’air et autres phénomènes sont dus au vent, à la structure du bâtiment et à des défauts d’isolation. La maison n’est pas hantée, mais nécessite des travaux.
Dans un immeuble, plusieurs habitants ont fait des malaises dans une cave considérée comme maudite. Joseph enquête et survit lui-même à un incident inquiétant. Des experts confirment ensuite qu’une intoxication au monoxyde de carbone, aggravée par une mauvaise ventilation et des moteurs laissés en marche, est responsable des malaises.
Et enfin la malédiction du Château de la Prêle : Intrigué par une série de suicides et de morts inexpliquées dans un château abandonné, Joseph décide d’enquêter malgré les nombreux avertissements. Après une première visite sans incident, il passe une nuit sur place et sombre dans un cauchemar où hallucinations, illusions et perte de repères s’enchaînent. Persuadé d’être prisonnier d’un lieu maudit, il finit par sauter d’une fenêtre. Il se réveille plusieurs jours plus tard à l’hôpital, gravement blessé, sans savoir si le château cache réellement une force surnaturelle ou un phénomène encore inexpliqué.
Un extrait
Le commandant Pleyssac le reçoit dans son bureau, derrière une pile de dossiers.
— Monsieur Conserve, je comprends votre désir d’enquêter sur le Domaine de la Prêle, mais je vous en prie… surtout n’y allez pas.
— Pour quelle raison ?
Le gendarme extrait un dossier épais et en tourne quelques feuilles.
— Nous avons comptabilisé dix suicides, sept morts naturelles inexpliquées, sans parler des tentatives de suicide, des accidents…
— Cela fait beaucoup, reconnaît Joseph, sans paraître particulièrement effrayé.
— Et ce n’est pas tout : plusieurs disparitions non élucidées pourraient être liées à cet endroit. De plus tous les cas qui sont mentionnés sur ce dossier se répartissent sur les cinquante dernières années. Et je ne vais pas vous parler de tout ce qu’il y a eu avant, ni des cas qui ne nous ont jamais été rapportés.
Le visage de Joseph se ferme, plus grave.
— Mais enfin, que se passe-t-il là-bas ?
— Nous avons déjà mené des enquêtes sur ces lieux, répond Pleyssac. Mais nous n’avons rien trouvé d’anormal.
— Et vous n’êtes jamais entrés dans le château ?
— C’est une propriété privée, monsieur.
— Oui, mais avec un motif légitime, ou une ordonnance du juge… peut-être pourriez-vous y pénétrer.
— Nous nous y sommes rendus vite fait, juste pour constater des décès, mais étant donné qu’aucune des morts n’a été classée comme suspecte, nous n’avons jamais été autorisés à enquêter dans le château. Et l’une de nos collègues nous a même rapporté avoir eu des hallucinations une fois. Donc, dans tous les cas, on ne cherchera pas à y rentrer… enfin, je parle uniquement du château, pas du domaine entier.
— A-t-on au moins le droit d’y aller ? insiste Joseph.
Le commandant esquive la question, puis insiste, à voix basse et presque à titre personnel :
— Monsieur Conserve, je ne vous parle pas là en tant que policier, mais en tant qu’homme. N’allez pas là-bas.
— Alors dites-moi pourquoi. Dites-moi ce qu’il se passe !
— Je ne le sais pas, répond Pleyssac en secouant la tête. Mais nous en avons assez de ramasser des corps. Et — ajoute-t-il, plus sombre — cela peut aussi nous mettre en danger. Si vous voulez jeter un coup d’œil à ces dossiers, à ces photos, je vous en prie !
Le gendarme laisse Joseph seul quelques instants dans son bureau. Celui-ci feuillette le dossier. Chaque page qu’il tourne lui fait froid dans le dos : rapports, photos, témoignages… Tout respire le mystère et la mort. Quand Pleyssac revient, il le trouve pensif, le regard perdu.
— Alors… vous comptez toujours aller là-bas ? demande le commandant.
— Finalement non, répond Joseph d’une voix hésitante.
— Sage décision !
Le détective privé quitte aussitôt le commissariat et retourne à son hôtel. Pourtant, malgré la peur qui s’est insinuée en lui, une petite voix intérieure le harcèle sans répit : « Mais qu’est-ce qu’il peut bien y avoir là-bas ? » « Ce n’est pas mon genre de reculer face au mystère ! »