
Passionnée d’orpaillage et souhaitant également donner une suite à Menace volcanique, j’ai créé ce récit. Il s’inscrit officiellement dans le Cycle volcan, même s’il constitue en réalité un intrus dans cette série. En effet, bien que l’histoire mette en scène un volcan à Paris, le risque volcanique passe ici au second plan, laissant la place à une enquête captivante et à une chasse au trésor.
Résumé
Julie découvre qu’une mystérieuse pierre contenant de l’or, retrouvée près de Paris, a été vendue à un bijoutier. Intriguée, elle fait appel à son ami Joseph, détective privé et passionné d’orpaillage. Après une première expérience dans les Cévennes, où ils apprennent les techniques de recherche d’or et mesurent les ravages de la convoitise, leur enquête les conduit à une hypothèse extraordinaire : le volcan apparu à Paris projette des roches basaltiques renfermant de l’or. Grâce à un drone, ils repèrent au cœur de la zone interdite un immense gisement d’une valeur colossale. Avec deux complices, ils décident alors de braver l’interdiction pour récupérer ce trésor. Mais, face aux dangers du volcan, à la surveillance des autorités et surtout à la cupidité qui s’empare peu à peu du groupe, leur expédition tourne autant à l’aventure qu’à une réflexion sur les ravages de l’avidité.
Extrait
Ce qu’ils découvrirent était à couper le souffle : un amas de pierres d’or pur au milieu des roches volcaniques, de tailles différentes, résultant probablement d’une pierre plus grande tombée et cassée en plusieurs morceaux. Joseph posa sa lanterne.
— Non… Ce n’est pas possible… Mais… c’est vraiment de l’or ?! demanda Séverine, à moitié abasourdie.
— Bien sûr ! Regarde comme c’est lourd ! s’exclama Joseph, les yeux brillants.
Au même moment, Julie poussa un cri de joie si puissant qu’il fit sursauter tout le groupe.
— Tais-toi, bon sang ! Tu veux qu’on nous entende ?! gronda Joseph.
Carles, lui, restait figé, tétanisé par la vision des pierres dorées. Mais soudain, son instinct prit le dessus. Il se précipita vers le tas scintillant, suivi de près par ses amis.
— Eh bien ! Calme-toi, Carles ! Laisse-en un peu pour les autres ! lança Séverine.
— Ben quoi ?! rétorqua-t-il. Y’en a pour tout le monde ! Et je les prends pas que pour moi, hein ! Je veux aussi faire plaisir à ma copine, à ma sœur, mes parents et…
— Ah oui ?! le coupa Séverine. Et moi, tu crois que je n’ai pas de famille peut-être ?!
— Si, si, mais… j’aimerais aussi m’acheter une voiture neuve, une maison, et puis… une résidence secondaire, tu vois… dit-il, de plus en plus excité.
— Mais oh ! Et nous, alors ?! Tu pourrais redescendre un peu sur terre ! s’emporta Séverine. Tu n’as pas besoin de tout ça ! Qu’est-ce qu’il te faut encore ? Quinze appartements ? Un château ? Une île paradisiaque peut-être ?!
Elle s’arrêta une seconde, le regard dur, puis se pencha vers le sac de Carles.
— Non mais regarde-moi ça… Tu as pris la plus grosse pierre en plus ! Tu es vraiment égoïste !
Carles ne l’écoutait même plus. Totalement obsédé par le métal, il ne réfléchissait plus. Son esprit semblait avoir été englouti par une forme de fièvre indéfinissable. Il n’était plus lui-même. Il se servait à pleines mains, frénétiquement, comme si sa survie en dépendait. Il ne comptait pas ce qu’il ramassait, sans réaliser que ce serait trop lourd à porter.
À côté, Joseph piochait le sol et remplissait son sac méthodiquement. Julie, elle, ramassait aussi mais restait silencieuse, absorbée par la récolte, totalement indifférente à la dispute.
— Écoute, insista Séverine, il y en a partout, oui, mais ici, maintenant, il ne reste presque plus rien comparé à ce que toi tu as pris ! Et moi, je vais devoir fouiller pendant des heures ! En plus, je suis une femme, je n’ai pas ta force pour tout porter ! ajouta-t-elle, exaspérée.
Joseph leva les bras :
— Bon, on se calme ! On ramasse ce qu’on peut, ensemble, et ensuite on partagera équitablement. Point.
— Mais pourquoi ?! protesta Carles. Je suis pas d’accord, moi !
— Écoute, c’est moi qui ai découvert ce spot, et qui vous ai amenés ici en voiture. Si tu refuses de partager, c’est très simple : je te laisse ici avec tout l’or que tu as dans ton sac, et tu te débrouilles pour rentrer tout seul. Mais vu la quantité que tu vas devoir transporter, j’ai de sérieux doutes sur ta capacité à faire des kilomètres à pied en traînant un sac aussi lourd.
Un silence tendu s’installa. Les regards se croisèrent. La fièvre de l’or semblait avoir fissuré le groupe.
Carles s’arrêta brusquement, le souffle court. Il vérifia son sac, le souleva à peine : plus de cinquante kilos. Une masse incroyable. Il n’en revenait pas. Comment avait-il pu en ramasser autant sans même s’en rendre compte ?