Au départ, le titre American Nightmare ne m’attirait pas particulièrement. Mais lorsque l’on m’a expliqué le concept, celui d’une nuit durant laquelle tous les crimes sont autorisés, je me suis dit pourquoi pas. J’ai donc regardé le premier film, que j’ai plutôt apprécié, même si je l’ai trouvé un peu limité dans son intérêt, notamment parce que l’essentiel de l’action se déroule dans une seule maison.
En revanche, le deuxième volet m’a largement davantage convaincu. On assiste cette fois à la Purge dans différents endroits, ce qui permet de découvrir une situation beaucoup plus vaste et chaotique. Quand on a vu le premier film, on sait à quoi s’attendre et que ça va éclater, mais de quelle façon et qui ça va toucher ?
J’apprécie particulièrement le compte à rebours qui précède le début de la Purge. Cette attente est éprouvante : il faut se préparer, trouver un refuge ou tenter de fuir avant qu’il ne soit trop tard. Une fois la nuit commencée, sortir dans les rues revient à s’exposer à un danger mortel.
Pendant ces douze heures, le monde bascule dans un véritable chaos. Les scènes de violence se multiplient et contribuent à créer une atmosphère particulièrement oppressante. Mais ce qui rend également le film captivant, c’est le suspense autour des personnages que l’on suit. On se demande constamment ce qu’ils vont devenir, s’ils vont réussir à survivre et comment ils vont s’en sortir, dans une environnement semé d’embûches et surtout très imprévisible.
J’aime aussi beaucoup le moment où les personnages principaux sont secourus par un groupe de personnes unies contre la Purge. On a alors presque l’impression d’assister à un affrontement entre les gentils et les méchants, dans un monde où les règles habituelles n’existent plus.
Le troisième volet est également intéressant et reste dans la même veine. J’ai toutefois été un peu moins convaincu par le quatrième film. Même si je l’ai apprécié, je trouve que la véritable Purge met trop de temps à commencer. Il faut patienter un certain moment avant que les premiers meurtres ne surviennent. Cela dit, le suspense reste bien présent.
Concernant le cinquième volet, je trouve dommage que la nuit de la Purge ne soit finalement pas aussi marquante que dans les précédents films. Le fait que les événements se poursuivent en plein jour, puis que la violence s’installe durablement, donne l’impression de s’éloigner du concept original. Je trouve que cela fait perdre une partie de l’identité de la saga, qui repose justement sur cette nuit unique durant laquelle tout devient permis. Si j’avais été le réalisateur de ce volet, j’aurais proposé une purge plus longue mais limitée dans le temps : deux jours par exemple.
À chaque fois que j’ai regardé l’un de ces films, j’ai pu me projeter dans un monde vraiment fictif.
Si je devais établir un classement des films, du moins bon au meilleur, je choisirais : 1, 5, 4, 3, 2.
Serait-il possible qu’un jour un État décide de mettre en place une telle nuit, comme dans les films American Nightmare ?
Je me suis posé la question. Mais même en imaginant qu’une loi autorise temporairement tous les crimes, cela ne signifierait pas pour autant que les forces de l’ordre, les services de secours et les institutions cesseraient réellement de fonctionner. La police, les hôpitaux, les pompiers et les infrastructures essentielles ne pourraient pas disparaître sans provoquer des conséquences incontrôlables. De plus, contrairement aux films, la société ne se réorganiserait pas facilement après douze heures de chaos : les traumatismes psychologiques, les destructions matérielles, les représailles et les conséquences économiques seraient considérables et dureraient bien au-delà de cette période. Enfin, une telle nuit serait difficile à contrôler, car rien ne garantirait que les violences cesseraient à l’heure prévue. La principale différence avec la fiction, c’est que dans la réalité, les conséquences d’une telle nuit se feraient ressentir jusqu’à de nombreuses années après.
De plus si des élus, aussi haut placés qu’ils soient, tentaient de la légaliser, dans un État démocratique, cela violerait les droits fondamentaux, la Constitution et les conventions internationales protégeant la vie humaine.