L’invisible qui nous entoure

La lumière visible, celle que nos yeux sont capables de percevoir, ne représente qu’une infime partie du spectre électromagnétique. Elle s’étend approximativement de 380 à 750 nanomètres. Au-delà du rouge se trouve l’infrarouge, qui s’étend d’environ 700 nanomètres à 1 millimètre. En dessous du violet se situe l’ultraviolet (de 10 à 380 nanomètres), puis viennent les rayons X et les rayons gamma, encore plus énergétiques.

Notre perception du monde est donc extrêmement limitée. De la même manière, notre audition ne couvre qu’une faible plage de fréquences, comprise entre 20 hertz et 20 kilohertz. Les infrasons comme les ultrasons nous échappent totalement. Autrement dit, une multitude de phénomènes physiques se déroulent en permanence autour de nous sans que nos sens puissent les détecter.

À cela s’ajoute une autre énigme de l’Univers : la matière noire. Invisible et impossible à observer directement avec nos instruments actuels, elle semble pourtant représenter une grande partie de la matière de l’Univers, révélant une fois de plus que ce que nous percevons n’est qu’une infime fraction de la réalité.

C’est sur ces idées que repose l’un des concepts de mes récits. Pour construire certains phénomènes inquiétants, j’ai imaginé l’existence de silhouettes humaines noires, qui ne seraient pas des fantômes, mais des empreintes laissées par des événements passés, perceptibles uniquement dans l’infrarouge, et pas avec n’importe quel appareil. Comme si une mort particulièrement violente avait laissé une cicatrice invisible dans cette partie du spectre électromagnétique.

Les véritables fantômes, en revanche, obéiraient à un autre principe. Ils ne seraient pas de simples souvenirs figés, mais ce qu’il subsiste réellement d’un être humain après sa mort. Selon cette hypothèse de fiction, les êtres vivants ne seraient pas constitués uniquement de matière visible. Ils posséderaient également une composante imperceptible à l’œil nu, capable de conserver une énergie résiduelle. Après la mort, cette énergie persisterait quelque temps et émettrait un rayonnement thermique, suffisamment faible pour être invisible à l’œil humain, mais détectable dans l’infrarouge par des instruments adaptés.

Il ne s’agit évidemment pas d’une théorie scientifique, mais d’un postulat de fiction inspiré des limites bien réelles de nos sens et de notre connaissance du monde. Si nous ne percevons directement qu’une infime partie de la réalité physique, qui peut affirmer que certains phénomènes ne nous échappent pas simplement parce que nous ne possédons pas les organes ou les instruments capables de les observer ?

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